· B. O. de FILM ·  
 

Après leur succès au Palais des Congrès de Paris au printemps 2000 lors de deux concerts et la parution de l'album "Ramenti", un événement particulier vient ponctuer la carrière de SURGHJENTI : le réalisateur José GIOVANNI, sensible à l'originalité et à la force des oeuvres du groupe, décide de faire contribuer celui-ci à la bande originale de son dernier film "Mon Père", paru en avril 2001. GIOVANNI leur empruntera "Dumani" et "Pardona mi", qui font respectivement l'incipit et la conclusion du film. Presque trop évidente pour surprendre, la rencontre entre l'homme de cinéma et le groupe corse cristallise une collaboration remarquable et célèbre pour SURGHJENTI le prélude à de futures réalisations dans le domaine prometteur de la musique de film.

 

"Écrire que mon père était corse est en-dessous du terme. Il était une parcelle de son île. Son respect de la tradition familiale à la hauteur de son sacrifice pour me sauver la vie m'a poussé à ancrer mon film sur lui, tout contre les rivages de son île natale. J'ai donc laissé la résonance des chants corses m'envahir... Alors le groupe SURGHJENTI s'est imposé. Leur émotion, leurs thèmes, sont entrées dans mon film comme dans une famille. Dès les premières images, en les écoutant, le combat de mon père prend son élan. A la fin du film, les voix bouleversantes du groupe prolongent l'émotion, maintiennent dans leurs fauteuils les spectateurs. Il me semble que les SURGHJENTI ont ressuscité mon père pour le ramener dans son île..."

Cette première tentative régionale présente l'originalité d'avoir été écrite, réalisée, interprétée par des Corses et enreg istrée en langue régionale.Le tournage a eu lieu dans un village corse : Lama. Le scénario dont l'action se situe en 1920 prétend démontrer que le banditisme corse n'était pas une vocation mais une fatalité. Derrière le mythe des bandits d'honneur on découvre la banalité de ces faux héros. Confronté à la pauvreté et à la puissance d'une justice acquise aux riches, le meurtrier se réfugiait au maquis par nécessité. Les vicissitudes d'une vie de hors la loi l'entraînaient souvent à récidiver et entrer ainsi dans un cycle de violence.L'histoire est celle d'un étudiant pauvre, Santu, que le.-, principes de la vendetta et la rigueur du père obligent à tuer le maire du village, meurtrier de son frère. Démuni face à la puissance de la classe politique acquise à la cause du hobereau, le jeune homme désorienté suit les conseils d'un sage et gagne le maquis sans intention d'y faire sa vie. La rencontre avec un véritable bandit et les erreurs de !a gendarmerie, en expédition punitive, le contraignent à tuer contre sa volonté. Le brigadier de gendarmerie corse et la fille du maire décidés à obtenir un procès régulier pour Santu, ne pourront empêcher une embuscade qui lui sera fatale.

Pierre CANGIONI

Né le 29 juillet 1939. Études primaires et secondaires à Ajaccio. Faculté de droit à Paris. Auteur de deux ouvrages : « La fabuleuse histoire de la boxe » et « Pierre CANGIONI raconte la coupe du monde ». Réalisateur de nombreux reportages télévisés. De formation universitaire, il est le créateur et premier présentateur de l'émission hebdomadaire Télé foot , du 16 septembre 1977 au 17 janvier 1982. Spécialiste de la discipline, Pierre Cangioni commente également de nombreux combats de boxe à la télévision comme à la radio. En 1983, il s'essaye au cinéma et réalise Santu Nicoli avec Robin Renucci et Pierre Massimi : une vendetta entre Lama et Pietralba ( Haute-Corse ). Après avoir été Directeur des Sports au sein de La Cinq d'avril 1987 à octobre 1990, il occupe très brièvement la présidence du club de football de l' Olympique de Marseille , de décembre 1994 à mai 1995, succédant alors à Bernard Tapie . Aujourd'hui retraité, Pierre Cangioni soutient activement le projet de faire passer en Corse (prologue et deux étapes) le Tour de France cycliste de 2013.